Être soi-même, envers et contre tout

Le Japon est ma destination de prédilection, sa culture et ses paysages viennent directement réveiller ma personne et c’est quelque chose de profondément apaisant et vitalisant. Au-delà de mes multiples voyages là-bas, je suis tout particulièrement touché par la beauté et la sensibilité des œuvres des studios d’animation Ghibli, qui viennent juste de sortir en vidéo « le Conte de la Princesse Kaguya », dernier film du magicien de l’animation Isao Takahata qui vient de prendre sa retraite.

kaguya

Résumer en quelques lignes la richesse de cette œuvre magistrale ne sera pas évident, voici simplement ce que j’en retiens.
Issue d’un ancien conte Japonais, l’histoire de cette jeune princesse est un peu particulière puisqu’elle arrive tout droit de la lune, et oui, sa curiosité l’a poussée à venir passer du temps sur terre afin d’y découvrir ses habitants, ses coutumes, ses joies et ses peines.

Une fois délivrée de la pousse de bambou dans laquelle elle a atterri, elle peut commencer son apprentissage, sa renaissance même, puisqu’elle se transforme en un petit bébé.
Voilà, je m’en vais reparler de croissance encore une fois, ou pas tout à fait, plutôt d’authenticité, d’une vie en accord avec ce que l’on sent être bon pour soi, à partir de soi et non des autres.

Une autre particularité de ce dessin animé ce sont ses traits. La manière dont les personnages et les décors prennent vie est ravissante. Le coup de crayon est bien appuyé, brut, vivant et vibrant ! Et les décors, c’est comme voir des tableaux et des aquarelles prendre vie sous nos yeux, on plonge alors dans ce conte, ce rêve tout éveillé, on se prend à rire, sourire, s’émouvoir, pleurer, et aussi à se révolter contre un système féodal bien trop pernicieux et périmé, très loin d’avoir de la considération pour les sentiments et le ressenti de ses sujets.
Notre chère princesse Kaguya, initialement heureuse et épanouie au sein d’une petite famille modeste de paysans – libre – se retrouve propulsée en ville à devoir se plier aux us et coutumes en vigueur à l’époque pour les nobles princesses japonaises, autant comparer cela à une vie d’enfermement, de retenue, de soumission, de non-existence.

J’ai été saisi par la puissance de cette femme, son audace de vivre et d’agir en fidélité à elle et à ses aspirations, dans sa vie à la campagne, et même en tant que princesse. Son parcours est tout simple, c’est celui d’une enfant qui grandit entourée d’amour, libre d’agir et de découvrir le monde au pas à pas, en lien avec ses émotions, ses sensations, ses désirs. Elle est fortement liée à ses parents qui ont pris soin d’elle depuis son arrivée, c’est pour cela qu’elle ne peut complètement se révolter quand son père, rempli de bonnes intentions et de la croyance sincère qu’elle est amenée à devenir princesse, l’entraîne loin de leur terre d’origine et de ses amis pour lui offrir une éducation royale.

Tantôt décidée à lui faire plaisir, tantôt révoltée contre tous ses prétendants qui viennent la courtiser sans même l’avoir vue, Kaguya ne cessera jamais d’être attachée à ses valeurs et à cette simplicité authentique qui m’inspire tant. Revenir à l’essentiel, s’en tenir à l’essentiel, en ayant la chance de vivre dans un pays libre à l’abri d’une urgence sécuritaire, c’est un objectif qui me guide.

Vivien

Crédits photo : © The Walt Disney Company France

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