Le besoin de contrôle. Et ses méfaits.

“Ouf ! ça va aller, tout se passera bien, je gère la situation…”

Ô grande désillusion, qui d’entre nous ne s’est jamais laissé berner par cette croyance que chaque chose peut être contrôlée et encadrée, oubliant même l’imprévisibilité, les petites surprises de la vie, la spontanéité relaxante, je l’aime bien elle.

Que ce soit lors d’une soirée, d’une réunion, d’un rendez-vous galant, on se repasse la scène un millier de fois en nous pour bien s’y préparer, anticiper au maximum pour ne rien laisser au hasard et être bien assuré de ce qui va suivre.
Il m’est arrivé cela récemment, et cette fois-ci j’ai pu « goûter » tout le côté amer de ce (dys)fonctionnement, car quoi que l’on veuille bien croire, nous ne sommes pas capable de tout prévoir.

En organisant un événement important il est normal de subir des pics de stress, pour un anniversaire où j’accueillais ma famille et des amis venus de loin encore plus, mais quand arrive l’heure de s’amuser, une fois tous les préparatifs passés et les coupes de crémant dans les mains des convives, je n’ai pas pu trouver le repos et la légèreté que j’attendais tant.
C’est vrai que ce n’était plus arrivé depuis longtemps, mettre en place une belle grande fête, planifier, envoyer les invitations, faire les courses, mais quand même, cette tension qui m’a enveloppé durant les heures précédant la magie et en tout début de soirée n’était guère plaisante, voici une brève analyse de mon ressenti du moment :

  • inquiétude, fatigue, sensation que les gens seront déçus, crispation, stress, mélancolie, lassitude.

Je vous l’accorde, ça peut paraître classique et presque ordinaire d’être sur les nerfs en tant que maître de cérémonie, mais ce n’est plus sain quand cela gâche tout le plaisir de ce pour quoi on a tant donné les mois précédents.
Les conséquences sont directes, je ne me réjouis pas pleinement, ne suis pas capable d’accueillir mes hôtes comme je le souhaiterais, je suis épuisé avant même que le spectacle commence. Oui, à ce moment là je suis encore dans ce besoin de contrôle, cette peur géante que quelque chose ne se passe pas bien, qui prend le dessus sur tout le reste, c’est alors que doucement je décide d’en sortir.

Quand je fais le choix d’accueillir ce qui vient librement, de me laisser m’exprimer tel que je suis sans cadenasser mes moindres faits et gestes, enfin, enfin je commence à profiter de l’instant présent.
On entend beaucoup parler de « lâcher prise » de nos jours et ce n’est pas pour rien, voyez plutôt mon ressenti quand je change d’attitude :

  • joie, légèreté, espièglerie, audace, fluidité, détente, pétillant, curiosité…
controle

Un nouveau monde s’offre à moi et il est beaucoup plus intéressant que celui dans lequel je « crois » avoir le contrôle car j’ai maintenant l’opportunité de rejoindre le meilleur de moi et de le partager avec l’autre.

Nous sommes tous capable de vivre cela, d’être dans l’instant présent et de profiter de ce qui arrive sans nous tendre, seulement parfois notre système de défense ne fonctionne pas comme il devrait et nous entraîne alors dans bien des histoires compliquées.
Chaque individu se construit son propre système de défense dès la petite enfance, sans même s’en rendre compte, c’est vital pour nous permettre d’évoluer dans notre environnement le plus sereinement possible et pour se prémunir des agressions extérieures. Mais en fonction de notre vécu et de notre état émotionnel, il arrive que cela soit trop présent, ou trop peu.

Donc, si j’ai été dans ce besoin de contrôle c’est avant tout pour m’assurer que tout aille bien pour moi, pour éviter au maximum de subir des « dommages » (le risque ici ne porte pas sur une atteinte à mon intégrité physique mais bien psychologique, comme être ridiculisé, boudé, nié, jugé, etc…).
Dans ce cas-ci il y a un déséquilibre qui me nuit et perturbe la qualité de la relation, les fausses croyances ont pris le dessus, il est donc bon de s’arrêter pour vérifier ce qui se passe à l’intérieur de moi et déterminer si tout ceci n’est que le résultat d’une période de stress et de fatigue passagère, ou alors un phénomène qui a pour habitude de se répéter régulièrement. Si la seconde option est gagnante il serait bon de cheminer et d’analyser plus loin pour comprendre ce qui exacerbe ces défenses et voir ce qui se cache derrière.

Lâcher prise ne s’improvise pas, si vous n’y arrivez pas c’est que quelque chose fait barrage et ce n’est pas avec la seule bonne volonté que ça disparaîtra, il y a d’abord à creuser en soi pour découvrir, comprendre et démêler les rouages de notre histoire, ensuite l’équilibre reviendra par lui-même et la vie dévoilera enfin toutes ses saveurs.

Vivien

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